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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 19:30

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Éléphasme, Rhinolophon, Caméluche et autres merveilles de la nature

Philippe Mignon

Les grandes personnes

2012

39 x 29 cm environ - 42 pages

 

Lorsque les équipages des navires L'Indécise et L'Éphémère accostèrent sur les rivages des îles Tohu-Bohus au 18e siècle, ils entreprirent d'en dresser la topographie et d'en répertorier les éléments de la faune et de la flore. Les carnets de croquis et de notes passèrent ensuite de mains en mains jusqu'à se retrouver au fin fond des archives du Museum d'Histoire naturelle de Paris. C'est là-bas que Philippe Mignon a mis son nez et décidé d'exhumer sous la forme d'un album toutes les découvertes incroyables que les naturalistes et archéologues de l'époque avaient répertoriées.

 

Histoire fantasmée, certes, mais néanmoins enchanteresse. On se plaît à rêver qu'il existe peut-être réellement quelque part des archives auxquelles personne n'a prêté attention et qui n'attendent que le moment où elles pourront revoir le jour sous nos yeux ébahis. Le texte d'introduction semble si sincère que pendant une seconde j'ai cru que les îles Tohu-Bohus avaient bel et bien été englouties, entraînant dans leur fin L'Indécise et L'Éphémère dont nulle trace des épaves n'a été trouvée à ce jour.

 

Après l'introduction, plongée immédiate dans une galerie très rigolote. Du lama à tête de coq à l'écureuil-champignon en passant par le singe à bec d'oiseau, il y en a pour tous les goûts et pour toutes les cactégories d'animaux. La nature a ici allègrement mélangé mammifères, oiseaux, poissons, crustacés, molusques, insectes et mêmes éléments végétaux, pour donner vie à des créatures hybrides hautes en couleurs.

Philippe Mignon a le trait sûr du naturaliste soucieux de témoigner de la réalité d'une espèce, la poésie en plus, forcément.

 

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C'est un album extra car les enfants, même très jeunes, jouent à retrouver les différents animaux "contenus" dans chaque créature, et les grands peuvent y voir un objet d'une grande beauté, et s'amusent des noms latins et textes du glossaire, que les plus scientifiques d'entre nous de renieraient pas.

 

Intergénérationnel vous dites ?

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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 15:31

Non mais y a pas à dire, lire du Roald Dahl illustré par Quentin Blake, ça devrait être remboursé par la sécu tellement c'est bon.

     Lors de mon séjour à London en août dernier je n'ai évidemment pas résisté à l'envie de me précipiter dans la librairie Waterstone's sur Picadilly (cette librairie en jette un max soit dit en passant). Après avoir fureté dans tous les coins je suis repartie avec The Murders in the Rue Morgue and Other Tales d'Edgar Poe mais attention ! Dans la version designée (prononcez "dizaillenée") par Coralie Bickford-Smith pour Penguin Books. Ils ont recouverturé tous leurs classiques et c'est à se damner, voyez plutôt. J'ai d'ailleurs hésité pendant à peu près 1000 ans avant de choisir Edgar Poe. Le coup des lames de rasoir roses fluo a finalement fait pencher la balance en sa faveur.

 

     Et je suis montée au rayon jeunesse. Et là étoiles dans les yeux à la vue d'un tourniquet rempli de Roald Dahl / Quentin Blake GRANDS FORMATS AVEC ILLUSTRATIONS COULEURS !!! J'ai opté pour Fantastic Mr. Fox et James and the Giant Peach, après encore un autre millier d'années d'hésitation.

 

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     Depuis, quand je suis de mauvais poil, j'ouvre ces livres au hasard et ça va mieux. Comment il fait, Quentin, pour que trois traits gribouillés soient plus émouvants que le plus réaliste des portraits ? COMMENT TROIS TRAITS PEUVENT-ILS EXPRIMER TANT DE SENTIMENTS DIFFÉRENTS ?! Trois traits pour la surprise, trois pour la bienveillance, trois pour la cruauté... C'est à peine croyable.

Peut-être que c'est parce que, comme le disait notre ami Mies van der Rohe, "less is more". À méditer !

 

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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 19:12

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Charles Perrault & Maurizio A. C. Quarello

Milan Jeunesse

2010

27 x 32 cm environ - 46 pages

 

Voici un gentil petit conte pour enfants, qui ravira les petits et les grands !

 

     Seigneur laid et cruel, jeune fille écervelée, égorgements en règle et menaces de mort : charmant ! Je rassure les Martiens qui n’auraient jamais entendu parler de notre Barbe nationale, ça se finit bien.

     Dommage d’ailleurs. Parce que quand même, il a un peu raison Barbe Bleue : ses femmes sont de sacrées arrivistes, elles l’épousent pour son argent, et sont en plus incapables de lui obéir alors qu’il les met explicitement en garde. Non mais on est où là ?! Je suis sûr que tout ce qu’il voulait, c’était d’être aimé pour ce qu’il était (et soit dit en passant, perso, la barbe bleue je trouve ça classe) et pas seulement pour sa fortune, et d’avoir une femme suffisamment fute-fute pour pas aller fourrer son nez dans ce qui ne la regarde pas.

     En fait c’est ça ! Il procède à un test d’intelligence ! Toutes les femmes égorgées cachées dans son placard ont fait la même erreur que la dernière (bon par contre du coup il a quand même dû trucider la première gratuitement… Ou alors elle a échoué à un autre test) !

 

Bref.

 

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     Tout le monde connaît Barbe Bleue, mais je suis ici pour vous parler d’une vision du conte qui vous est peut-être inconnue. Maurizio Quarello, illustrateur de mon cœur depuis les Histoires naturelles, s’est mis en tête de transposer le texte de Perrault (il s’agit ici du vrai texte, et non d’une adaptation) dans les années 1920. Vous croyez que l’histoire perd en effroi, point du tout ! Les couloirs de la belle demeure sont bien aussi glaçants que ceux du château période Gustave Doré.

     Quarello construit ses images comme on compose des plans de cinéma, et leur donne des angles de vue inattendus et déroutants. Plongées, contre-plongées, décadrages vers le haut, personnages vus de dos ou de trois-quarts dos… Tout semble ajusté pour créer une atmosphère où plane le malaise, le truc-qui-cloche. L’utilisation des couleurs est hyper forte : des couleurs en demi-tons habitent la plupart des images (bruns, kakis, beiges, gris…) et le rouge s’insinue petit à petit, sournoisement, jusqu’à occuper le fond tout entier et devenir le décor de la mise à mort de ce taureau enragé qu’est Barbe Bleue. C’est « amusant » de voir que l’un des personnages les plus cruels et sanguinaires de la littérature a une barbe bleue. Bleue, la barbe… pas rouge justement. Ç’aurait été trop simple, et les trucs simples c’est pas très intéressant

 

Je suis amoureuse de ce livre, à la fois terrible (difficile de ne pas l'être avec un tel sujet) et sublime. Ce qui n'est finalement pas si contradictoire si on en croit cette définition (j'ai pas honte de citer wikipédia) : "le sublime déclenche un étonnement, inspiré par la crainte ou le respect".

À méditer.

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19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 11:46

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Sibylline, Capucine et Jérôme d'Aviau

Ankama éditions, collections Étincelle

2010

25 x 17 cm - 192 pages 

     

     Je suis tombée sur ce truc totalement par hasard dans les affaires de ma soeur, et pour célébrer cette trouvaille inopinée, je vais vous en parler !

     Après une rapide recherche, la maison d'édition Ankama, que je ne connaissais ni des lèvres ni des dents (haha), m'a l'air spécialisée dans la bande dessinée, le livre jeunesse et le manga. Alphonse Tabouret appartient à la petite collection "Étincelle" qui propose des ouvrages au carrefour entre album, BD et roman graphique, dixit la maison.

     Notre Alphonse est raconté en noir et blanc, avec une belle variété dans la composition des pages et une illustration très rigolote. Alphonse Tabouret est un "bonhomme baton" (qui ressemble effectivement à un tabouret) qui vient de débarquer dans la vie et à qui il arrive quelques (més)aventures...

      Impossible de ne pas penser à Alice au pays des merveilles, avec sa galerie de rencontres étranges, personnages à moitié dingues et aux physiques oniriques (dans le monde d'Alphonse, certains individus pourraient être des pokémons, ça c'est pour le côté manga...), qui peuvent être tous petits ou immenses...

 

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     Les dessins sont à la fois simples et riches en petits détails, et avec un ou deux traits les visages s'animent de mille expressions. Les décors sont très soignés mais sans aplats de noir, ce qui permet de garder une dynamique dans des images très sombres.

 

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     Je suis un peu moins convaincue par le texte. Vu l'histoire, phylosophico-aventuresque, je m'attendais à un truc à la Calvin & Hobbes : hyper drôle mais en finesse, touchant mais sans larmes, profond sans en avoir l'air. Ici je dirais que l'on a essayé, mais que l'on a pas totalement réussi. Les personnages ont des noms qui reflètent ce qu'ils sont : le bonhomme angoissé s'appelle Goisse, celui avec un vide à la place du ventre s'appelle Ide, celui qui pleure tout le temps s'appelle Stesse etc... Autant je trouve qu'Alphonse Tabouret est un nom amusant, autant je trouve que l'on aurait pu être plus imaginatif pour les autres (je chipotte ?). Calvin et Hobbes par exemple, sont de sacrés noms de personnages ! Donner à un petit garçon échevelé et à un tigre en peluche des noms de philosophes... Mais revenons à nos moutons...

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      Je vous conseille les aventures d'Alphonse pour leur univers visuel pas dénué d'intérêt : c'est tout de même un joli voyage ! Un peu plus et çaurait été un vrai coup de coeur !

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12 mai 2012 6 12 /05 /mai /2012 23:00

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Jules Renard & Maurizio A. C. Quarello

2009

Milan jeunesse

26 x 31,5 cm - 56 pages

 

     Comme promis, je continue sur ma lancée et vous présente ma deuxième acquisition animalière. À l'instar des Animaux de Benjamin Rabier, le livre dont le parle aujourd'hui est un bestiaire.

Et alors là :

 

Attention chef d'oeuvre

 

     Déjà, les textes sont de Jules Renard, ce qui n'est pas banal pour un livre sur les animaux. Et quels textes ! Une explosion de fraîche poésie teintée d'un humour délicieux. Ils ne sont pas tous de la même longueur, on varie les plaisirs ! Certains font une page entière, d'autres ne sont qu'une poignée de mots. Extraits...

 

"Le bouc

Son odeur le précède. On ne le voit pas encore qu'elle est arrivée. Il s'avance en tête du troupeau et les brebis le suivent, pêle-mêle, dans un nuage de poussière. Il a des poils longs et secs qu'une raie partage sur le dos. Il est moins fier de sa barbe que de sa taille, parce que la chèvre aussi porte une barbe sous le menton. [...] Alexandre est son nom, connu même des chiens. La journée est finie, le soleil disparu, il rentre au village, avec les moissonneurs, et ses cornes, fléchissant de vieillesse, prennent peu à peu la courbe des fauçilles."

 

"L'écureuil

Leste allumeur de l'automne, il passe et repasse sous les feuilles la petite torche de sa queue."

 

"Le hanneton

Un bourgeon tardif s'ouvre et s'envole du marronnier. Plus lourd que l'air, à peine dirigeable, têtu et ronchonnant, il arrive tout de même au but, avec ses ailes en chocolat."

 

 

Pas mal hein ?

 

     Les illustrations de Quarello (suis allée sur son site, je crois que je ne vais pas résister longtemps à son Barbe Bleue...) ne gâtent en rien le spectacle, au contraire, elles subliment le texte et lui donnent ce petit air de folie et d'onirisme qui fait de ce livre un bijou. Elles saisissent l'essentiel du texte en n'oubliant pas d'en dire un peu plus. Que dire encore ? Le mieux est que vous jetiez un oeil...

 

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6 mai 2012 7 06 /05 /mai /2012 18:20

Amis des animaux bonjour.

 

     Vous le savez peut-être mais pour mémoire, sachez que se déroule actuellement à Paris l'exposition Beauté animale, qui a pour ambition de retracer la relation bête-artiste à travers l'histoire de l'art. C'est d'autant plus amusant que l'humain est absent des oeuvres présentées ! Entre naturalisme pur et représentations romanesques (voire humoristiques), on en a pour son argent, et nos mirettes ne s'ennuient pas une seconde. Mon coup de coeur est un tableau anonyme (dommage !) de 1610 représentant pas moins de 71 espèces d'oiseaux, dans un savant enchevêtrement de plumes.

     Note pour Za : le passage sur les chats comporte son lot de surprises, drôles ou glaçantes !

 

     Bref, en passant par la boutique à la fin de l'expo j'ai bien sûr "fait ma faible" : j'ai craqué pour deux albums. Les animaux de Benjamin Rabier (Buffon & Rabier), et Histoires naturelles (Renard & Quarello).

 

images-2-3565.JPGBuffon & Benjamin Rabier

Circonflexe

2011

28 x 37 - 28 pages

 

     Je vais ici vous parler du premier, soit des extraits de la monumentale Histoire naturelle de notre Buffon national (1707-1788) illustrés par Benjamin Rabier (1864-1939), papa du célèbre Gédéon et... de la Vache-qui-rit (du dessin, pas de la recette du fromage fondu) !!!

     Les textes, bien que créés pour informer, ne manquent ni de dynamisme ni même d'humour ! Les brebis et les moutons sont qualifiés de "stupides" sans aucune pitié, et l'on tremble à la description des moeurs du brochet. Les scientifiques de l'époque avaient le sens du spectacle ! Tous les petits textes tiennent finalement plus de la narration que de l'information et ce sont de courtes histoires dans lesquelles l'homme a souvent un rôle à jouer.

 

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     Les illustrations de Rabier sont épatantes et déroutantes. Certains animaux sont représentés de nuit et pas toujours d'une manière évidente : si c'est à peu près attendu pour le hibou, cela l'est beaucoup moins pour la brebis, représentée en troupeau au crépuscule (ou serait-ce l'aube ?). Les cadrages et mises en scène sont également pleins de surprises et vont contre beaucoup d'idées reçues. L'éléphant est par exemple représenté en train de faire valdinguer un homme (il l'a bien cherché), qu'il tient enserré avec sa trompe, et non en calme et pacifique pachiderme se désaltérant dans une rivière. Beaucoup de portraits rappellent par des détails la présence de l'homme : il n'est pas rare d'apercevoir au loin le toit d'une chaumière ou un bout de clôture, quand ce n'est pas le décor entier qui est humain. Le loup pour sa part n'est même pas au premier plan de la page qui lui est consacrée, mais caché derrière un arbre, guettant l'innocent lapin...

 

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     Mille choses rendent cet album extra-ordinaire (je sépare exprès) et j'espère que vous aurez l'occasion de le feuilleter, voire de vous le procurer. Il plaira assurément aux bambins, mais aussi aux grands, surtout s'ils aiment le parfum des illustrations délicieusement vieillotes mais néanmoins subtiles.

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15 avril 2012 7 15 /04 /avril /2012 16:12

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Anne Herbauts

Casterman

2012

25 x 34 cm environ - 32 pages

 

      Voici encore un album que je vais avoir du mal à classer, mais tant mieux, les inclassables sont les meilleurs. Je découvre émerveillée l'univers d'Anne Herbaut, auteur et illustratrice de cette étrange histoire d'hirondelle.

      Le texte est plus proche du poème que du récit, austère plus que chantant. Mais de cette austérité, qu'il conviendrait d'ailleurs de nommer plutôt simplicité, se dégage une puissance d'évocation peu commune. Les mots se succèdent sans cérémonie et parfois même sans rapport évident et pourtant tout fait sens et tout surprend.

 

"Dans la maison étroite et carrée, il y a la Très Vieille, le Père, l'Enfant, la Mère-Giron, la Mort, le chat Moby Dick et ses deux poissons, une chaise vide, une cafetière, les miettes, trois pommes, une poire aussi, et le bruit du carrelage quand l'un d'entre eux se déplace."

 

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      Le décor se plante aussi simplement qu'il intrigue. La Mort en effet est une compagne comme une autre, comme une lointaine tante qui viendrait nous rendre visite et que l'on hébergerait pendant un temps. L'arrivée de Theferless, une hirondelle blessée, va faire souffler un léger vent dans cette atmosphère figée.

      Nulle autre intrigue que l'histoire de cette famille qui va soigner un oiseau et le regarder partir dans le ciel vers "l'espace, les voyages, les saisons, le temps, le lointain, l'ailleurs", eux restant prisonniers d'une maison cerclée d'un sentier qui forme un huit, le signe de l'infini, le signe dont on ne sort pas.

      Les illustrations sont sublimes et dressent un monde à la fois morne et étonnamment apaisant, où éclatent de temps à autres des taches de couleurs vives. Les découpages d'Anne Hernaut sont autant d'échappatoires au gris et au désordre des traits de crayons, la gorge de Theferless est un morceau de tissu chatoyant qui finit par "déteindre" sur les murs de la maison.

      L'hirondelle a fait le printemps dans la vie de ces humains las.

 

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      La dernière page est bleu marine et on distingue en noir les mots suivants : "En août, dans l'été bien mûr, la Très Vieille s'est endormie contre la Mort." Terriblement simple.

 

      L'album est grand et envoûtant, mais n'est pas destiné aux enfants. À mettre donc entre les mains d'adultes pour qui le texte et l'image font ensemble une littérature de qualité, même en seulement 32 pages !

 

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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 16:45

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                                  Jennifer Yerkes                       Lisa Bresner & Aurore de la Morinerie

                                   éditions MeMo                                       éditions MeMo

                                         2011                                                     1998

                                      42 pages                                               12 pages

 

 

Amusant de noter les points communs entre les couvertures de ces

deux petits livres des éditions MeMo !

 

     À gauche, Drôle d'oiseau, l'histoire d'un petit volatile pas comme les autres qui va apprendre que sa différence peut s'avérer une force. La rengaine est connue, certes. Mais impossible de ne pas craquer pour cet oiseau blanc comme le papier du livre et qui a donc besoin d'un décor pour se faire voir... Lassé d'être moqué, il s'en va par les chemins trouver son destin. Au fil de son périple, il collectionne des plumes laissées là par un oiseau rouge, des morceaux de feuilles, des fleurs, qu'il porte à bout d'aile pour qu'on le voit enfin. Mais sa nouvelle parure va presque lui coûter la vie puisqu'un certain renard ne manque pas de repérer ce paon du dimanche... Comme quoi, il vaut mieux rester soi !

L'illustration est ravissante : pop et graphique tout en restant très douce. Mention spéciale à la reliure qui fait ressembler le livre à un petit cahier retrouvé au fond d'une malle...

Note : je viens d'aller sur le site de MeMo et on peut voir en page d'accueil en ce moment que ce petit livre a été honoré d'une mention à la foire de Bologne ! Ouh yeah.

 

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     À droite, Que fais-tu ? Je me promène. Un OVNI tout de mystère et de poésie qui s'inscrit dans la futée collection "Étymologie animée" : il s'agit d'analyser un idéogramme chinois et de le décomposer afin de comprendre sa construction. Ces différents éléments sont ensuite illustrés selon le style calligraphique "petit sceau" (c'est marqué en 4ème de couverture, je ne suis pas si cultivée que ça !), encore utilisé aujourd'ui en Chine. En plus la reliure est une reliure dite japonaise (ça par contre c'est moi qui le sais !), exotisme et dépaysement garantis donc. Le résultat est définitivement magnifique.

 

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MeMo, de par leurs partis-pris exigeants en matière de fabrication, sont une maison d'édition que je vais m'efforcer de suivre de près !

 

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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 10:37

botanique circus

 

Frédéric Clément

Albin Michel Jeunesse

2011

23,5 x 33,5 cm environ - 30 pages

 

     À peine remise de ma découverte de  Chapellerie pour Dames de coeur, Chats bottés et Enfants songes, je me jette à corps perdu dans l'univers de ce fantasmagorique Botanique Circus.

 

"Roulement de topinambours" pour le divin artiste-poète, l'orfèvre du mot et de l'image, le fameux dompteur de typographies sauvages j'ai nommé... Frédéric Clément !

 

     Vous l'aurez compris, par cette phrase j'annonce la teneur de ce trésor qu'est le Botanique Circus. Un cirque oui, mais certainement pas celui auquel on s'attend ! Il s'agit ici d'une succession de numéros plus fous les uns que les autres qui ont pour principaux acteurs... des végétaux.

La fraise, vous la connaissez douce, ronde et sucrée, venez découvrir sa vraie nature de bête féroce que l'on doit par sécurité garder sous une cloche de verre. La capucine, une jolie petite fleur n'est-ce pas ? À y regarder de plus près elle cherche à s'enrouler autour de votre cou, cobra menaçant que seuls les yeux du charmeur peuvent calmer. Et le charmant lupin... Auriez-vous oublié que son nom vient de lupus qui signifie loup ? Nettement plus inquiétant vu comme ça...

Le Botanique Circus donne le frisson.

 

Mais pas que !

C'est aussi doux et chaud et rigolo ! Les histoires de Frédéric Clément sont belles, héroïques et émouvantes, et drôles et ébouriffantes ! Je citerai pour exemples les numéros de Miss Physalis, contorsionniste maudite prisonnière d'une cage de dentelle comme toutes ses aïeules avant elle, et de Henrico de Mexico "le haricot sauteur et son saut de la mort" : comment ne pas pleurer ou rire à l'idée de ces personnages si vibrants ?

 

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     Toutes ces histoires auraient suffit à faire mon bonheur mais les choses vont plus loin, comme toujours avec Frédéric Clément. Les images qui accompagnent le texte rivalisent de beauté et de grâce. L'univers dépeint est assez profond pour que l'on s'y noie, hypnotisé par ces personnages et les créatures à leur côté. Les atmosphères sont toutes d'ombres et de lumières, invitant à la même table la peur et l'émerveillement. Deux hôtes de choix que j'affectionne particulièrement et qui vont il faut le dire, très bien ensemble.

 

     Un détail de taille reste à noter : le texte complet de l'histoire est contenu dans un petit livret annexe, soigneusement logé dans une poche à l'arrière de la couverture. Les illustrations n'ont donc en vis-à-vis qu'un échantillon de texte (déjà ravissant en soi). Vous pouvez donc choisir, comme le stipule l'Avis qui ouvre l'ouvrage, votre mode de lecture. Astucieux et pas banal.

 

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     Pour ce qui est de ma propre lecture, j'ai opté pour une autre solution encore : après avoir acheté le livre à Montreuil le samedi, je ne l'ai pas ouvert. Je me suis rendue le dimanche à la lecture que l'auteur devait faire de son texte : la surprise serait donc totale. Et laissez-moi vous dire que j'en ai eu pour mon argent. J'avais déjà écouté des lectures de Frédéric Clément (sur son site) mais entendre ça en vrai c'était simplement fou et l'enchantement n'en fut que plus grand. Visuellement, les mots sur la page sont à l'honneur grâce aux variations de typographies, aux virtuosités et fantaisies de mise en page. Mais avec la voix de Frédéric Clément, j'entendais la mise en page et les typographies. Magique. Et dépitée de voir les enfants turbulents et leur parents (au moins aussi turbulents) aller et venir devant l'estrade où l'auteur contait, mordant dans sandwichs, déplaçant poussettes, écoutant quelques secondes et, ne voulant pas mettre leur imagination sur play, repartant aussitôt pour aller voir ailleurs si j'y étais. Pardonnez leur, ils ne savaient pas ce qu'ils rataient. Tant pis pour eux !

 

Merci à Frédéric Clément de remplir nos vases vides de tant de fleurs

que nous ne méritons pas toujours.

 

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 11:50

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Emmanuelle Houdart & Marie Desplechin

Éditions Thierry Magnier

2011

38 x 28 cm environ, 51 pages


Attention chef d’œuvre

 

      Au rayon jeunesse je n’ai vu que lui. Je l’ai aperçu de loin et une attirance incontrolable m’a forcée à ne pas le quitter des yeux jusqu’à ce qu’il soit dans mes mains. Déjà de loin je savais qu’il allait être une expérience unique.

 

     Une fois en tête à tête avec lui, je regarde auteur/illustrateur/édition. Marie Desplechin/Emmanuelle Houdart/Thierry Magnier. Desplechin, je connais, j’aime. Thierry Magnier, je connais, j’aime. Emmanuelle Houdart, inconnue au bataillon mais désormais (et pour toute la vie) occupante d’une énorme place dans mon cœur ! Sur la couverture, un colosse en justaucorps noir, les yeux pleins de larmes et jonglant avec de délicates petites silhouettes féminines. Mais les silhouettes ne sont que des robes dépourvues de corps, sans petit cœur qui bat à l’intérieur ! Sur le corps du colosse, les tatouages recouvrent la peau partout où cela est possible. Seul le visage n’a pas été grignoté par la couleur. Quand j’ai vu cette couverture j’ai été profondément troublée par cette tristesse infinie cernée de motifs et de couleurs plus flamboyants et inquiétants les uns que les autres, cette solitude emmenant avec elle les noms de ses amantes et assise sur une pile de livres aux titres évocateurs…

Les saltimbanques.

Ce serait ça alors : des êtres colossaux, monstrueux, dérangeants mais délicats, vulnérables et aussi admirablement beaux. Fascinants, en somme.


      Qu’à cela ne tienne, j’ouvre le livre et me trouve nez à nez avec une galerie de personnages effectivement hors du commun. Ils sont tous là : sœurs siamoises, homme tronc, femme à barbe, diseuse de bonne aventure, « receveuse » de couteaux, dresseur de mouches… Une famille fantastique et inattendue nous ouvre les portes de son univers et des vies qui l’occupent. Chacun a son histoire et c’est là que l’habileté de Marie Desplechin entre en jeu. Nous sommes bien loin des clichés et l’auteur a eu le talent de créer des portraits aussi hauts en couleur que sont les illustrations. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, les personnages prennent une consistance inouïe. L’une des bonnes idées de l’auteur est d’avoir choisi de « raconter les portraits » à la première personne, à travers les yeux d’un adolescent mal dans sa peau pour qui le cirque sera une rédemption (mais plus subtile que ce que vous pensez). Immersion profonde donc.

 

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Voici volontairement une série de détails des images, pour vous donner envie d'aller découvrir ce qu'il y a autour !

 

     Les images. Emmanuelle Houdart je vous aime. Cela fait bien longtemps que l’enfant qui sommeille en moi (comme en nous tous), tapi dans l’ombre mais attendant le moment de surgir, n’avait pas été aussi remué par tant de beauté troublante. Je crois que vous appelez ça « le merveilleux et l’épouvantable ». Vos illustrations (je devrais d’ailleurs dire vos « images », vos « visions », car celui qui illustre ici, c’est le texte), sont de celles qui marquent une vie et une imagination à jamais. Que n’ai-je découvert votre monde plus tôt ! Petite fille je suis certaine que cet album aurait été mon trésor. Celui que l’on aime et dont on a peur, celui qui obsède. Mais je suis heureuse parce que même aujourd’hui, même « grande », j’ai ressenti ce que j’aurais ressenti il y a quinze ans. Je pourrais parler des notes surréalistes, des influences possibles mais au fond, ce serait l'interprétation de l'adulte que je suis et qui en cet instant, m'intéresse beaucoup moins.

      Ce livre est pour moi la preuve ultime que le livre peut être totalement intergénérationnel. Que les peurs, les fascinations et l’admiration peuvent rassembler de un à cent ans. À travers ces héros surhumains, humains tout court finalement, nous nous retrouvons tous et ça, c’est merveilleux et épouvantable.


      Merci à Emmanuelle Houdart, Marie Desplechin et les Éditions Thierry Magnier pour le cadeau qu’ils nous font.

 

Nota bene : est-il utile de préciser que je me suis précipitée sur la bibliographie d’Emmanuelle Houdart ? Je vous la conseille, naturellement…

 

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Published by Zouz - dans Albums
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