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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 13:40

IMG 3351 IMG 3353

 

pinoccio couv

 

Carlo Collodi - Quentin Gréban

Mijade

2010

 

     Pinocchio, c'est une petite marionnette pas sage dont le nez s'allonge quand elle ment. Mais pas seulement ! Pinocchio est un petit être qui fait des bêtises, certes, mais qui le paye au centuple et qui pourtant ne se laisse pas abattre et va toujours de l'avant. Il n'est pas mauvais, il cherche juste à être heureux et non à faire le mal autour de lui, c'est ce qui le sauvera.

 

     Je ne connaissais son histoire qu'à travers la version dessin animée de Disney, et tout en me doutant que l'histoire originale serait si ce n'est différente, au moins plus riche, je ne m'attendais pas à tant de violence. Pourtant, cet album illustré de 80 pages n'est encore qu'une version abrégée du texte de Collodi, alors qu'est donc le texte d'origine ?

     Pinocchio est dupé, volé, torturé, pendu, perdu, emprisonné, humilié, noyé, vendu, revendu et j'en passe. Il pleure beaucoup, regrette beaucoup, aime beaucoup : on aime bien ce petit bonhomme et on n'en peut plus qu'il n'en fasse qu'à sa tête et se mette dans des situations terribles. Terrifiante leçon que celle de Carlo Collodi, qui n'épargne rien à cet adulte en devenir qu'est Pinocchio.

 

     Redécouvrir cette histoire était déjà un grand moment, mais illustrée par Quentin Gréban c'est encore autre chose. Les pages du livres sont immenses (28x35 cm environ) et l'illustrateur, au lieu de charger la page de détails, profite de cet espace pour justement soulager l'image et donner de l'air à ses mises en scène. Le résultat est splendide et rappelle par moment les célèbres gravures de Gustave Doré, qui illustra les contes de Perrault au 19ème siècle.

     Quentin Gréban représente la violence des situations mais avec une grande subtilité teintée de poésie. Par exemple, dans le chapitre où Pinocchio est pendu à un Grand Chêne par deux brigands et qu'il se sent mourir, l'illustrateur donne au ciel et aux feuilles de l'arbre la plus grosse place, et dessine le petit corps de la marionnette dans un coin de l'image (et encore, on ne voit ni le visage ni le cou emprisonné), silhouette déjà transparente, déjà un petit fantôme, vision pleine de grâce et de poésie, malgré l'horreur de la situation.

     Gréban fait tour à tour preuve d'humour, de tendresse, de créativité, ce qui donne à chaque illustration une originalité incroyable.

 

     Je pourrais écrire mille lignes sur ces illustrations parfaites, mais je crains que ce ne soit pas le lieu pour le faire ! Les images parleront d'elles-mêmes, en voici une petite sélection...

 

 

                 pinoccio 14gustave doré

                                  Quentin Gréban                             Gustave Doré (Le Petit Poucet)

 

 

IMG_2845.JPG

IMG_2844.JPG

 

nb : pour voir plus d'images (et potentiellement devenir fan de Quentin Gréban), rdv sur la page facebook de l'artiste {ici}...

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Published by livres comme l'air - dans Albums
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commentaires

eliZAbeth 04/05/2011 20:40


En fait, ça m'est tombé des mains. Ce sont des choses qui arrivent.


eliZAbeth 04/05/2011 13:09


Qu'en est-il de texte original, demandes-tu...
C'est une horrrreur !!!
Non, en fait, c'est un livre très sérieux, très moralisateur, de son époque, quoi. Noir, très noir.
Belles illustrations, en effet, faussement "jolies", la première est assez angoissante. J'aime beaucoup la dernière, mi-Pinocchio, mi-Nils Holgersonn !


Zouz 04/05/2011 20:09



Une horreur à ce point ?! ohohoho je vais rester chez Gréban alors :) et c'est exactement ça : faussement jolies !