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26 janvier 2013 6 26 /01 /janvier /2013 14:50

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Histoire du prince Pipo, de Pipo le cheval et de la princesse Popi

Pierre Gripari & Laurent Gapaillard

Grasset Jeunesse

2012

216 pages - 18 x 13 cm

 

J'aurais voulu que ma grand-mère me lise cette histoire à haute voix, comme elle m'a jadis lu Un bon petit diable de la Comtesse de Ségur, Les aventures de Sylvain et Sylvette (il en existe une centaine de volumes je pense !) et tout un tas d'autres merveilles. Avec ses intonations, je ne sais pas comment l'expliquer mais tout prenait une consistance particulière, pleine de douceur et de malice. L'histoire du prince Pipo lui serait allée comme un gant. "Malheureusement", j'ai dû me débrouiller seule. Mais le voyage au pays de Gripari fut tout de même un délice !


Il s'agit là d'un conte qui prend le meilleur du conte traditionnel (ambiance médiévale, magie, héroïsme, péripéties à foison...), pioche également du côté des contes philosophiques façon Voltaire ou Diderot, et bénéficie du syndrome nouveauté et de la voix de Gripari en prime. Une petite pincée d'absurdité, un soupçon de violence bien sentie, une lichette de de romantisme et paf ! on ne lâche plus le livre. Chaque page est une surprise et chaque tournant de l'histoire offre son lot de sensations. Et, pour le plus grand plaisir du lecteur, le livre est un lot d'histoires imbriquées les unes dans les autres : l'histoire du prince Pipo est racontée par Monsieur Pierre, et Pipo quant à lui se fait conteur de l'histoire du Chagrin et de celle de Kosch l'immortel. Impossible de s'ennuyer ! Embarquez à la gare du Sommeil, direction le Pays-où-l'on-ne-va-qu'en-dormant, puis passez dans les flammes d'un volcan, séjournez dans le pays où tout le monde est roi, combattez le dragon Tarabistrakum (et devenez vous-même un dragon sanguinaire), recontrez le sage rat blanc, gardien de la Grande Bibliothèque, lisez le livre de votre vie, accomplissez enfin votre destinée.


Gripari a la gentillesse de proposer au lecteur à la fin de certains chapitres de dessiner une scène de son choix afin d'illustrer les aventures de Pipo. Et en parlant d'illustrations, Laurent Gapaillard s'est justement livré à l'exercice et offre à nos yeux émerveillés 10 illustrations (11 avec la couv, sublime d'ailleurs) plus grandioses, spectaculaires et inquiétantes les unes que les autres. Comme dans Le Yark, les images foisonnent de nuances et de détails, quand bien même elles sont en noir et blanc. Un régal !!!

 

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Il ne me reste plus qu'à vous ordonner de vous précipiter en librairie/bibliothèque et

de (faire) dévorer cette petite perle !

20 janvier 2013 7 20 /01 /janvier /2013 20:31

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Janne Teller

Les Grandes Personnes

2012

142 pages

 

Le titre intrigue, forcément. Et après lecture, il fait froid dans le dos.

Ce rien raconte pourtant quelque chose, et ce quelque chose est l'histoire de jeunes de 12 ou 13 ans qui vont tenter de prouver que la vie a un sens. Rien que ça... Ce qui les motive, c'est le fait que l'un d'entre eux affirme que tout est vain, que rien n'a de signification puisqu'absolument tout est voué à disparaître. Grosso modo. Ses camarades sont déroutés par une idée aussi catégorique et restent persuadés qu'ils peuvent prouver à cet ange de l'apocalypse qu'il y a bien des choses sur cette terre qui valent la peine, qui sont chargées de signification. Qu'à cela ne tienne, la petite bande entreprend d'ériger un Mont de signification, soit un empilement d'objets qui font sens à leurs yeux. Le jeu est que chaque enfant doit décider de ce que doit mettre le suivant.

 

Au début ça va, on demande notamment à la narratrice de se séparer de ses sandales vertes toutes neuves. Mais chaque élève demande au suivant une chose dont il est plus dur de se séparer. Le petit hamster de celle-ci, le tapis de prière de celui-là, le vélo de l'un, le cercueil du petit frère de l'autre, l'escalade ira loin. Je ne veux pas vendre la mèche mais certaines requêtes ont failli me faire tourner de l'oeil dans le métro.

 

J'aime définitivement ce livre, car il nous montre l'enfance dans tout ce qu'elle a de cruel, de violent, mais surtout de profond et d'entier. Quand on est jeune, on manque de recul, de points de comparaison, on ne peut pas relativiser, peser le pour et le contre, faire dans la demie-mesure. Les choses qui enfant nous paraissaient évidentes nous semblent aujourd'hui insensées, d'autres nous laissaient indifférents qui aujourd'hui sont le coeur du problème.

 

Rien est une grosse claque, un vrai questionnement sur les raisons de l'existence, une réflexion sur la curieuse course du monde et de la société, où le peu de choses réellement importantes s'avèrent finalement achetables. Un peu déprimant comme lecture, impossible de le nier, mais comme vous l'avez compris, c'est pour mieux nous faire ouvrir les yeux sur ce qui n'a pas de prix à nos yeux.

 

Une lecture essentielle, et un livre pour tous, assurément.

12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 19:30

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Éléphasme, Rhinolophon, Caméluche et autres merveilles de la nature

Philippe Mignon

Les grandes personnes

2012

39 x 29 cm environ - 42 pages

 

Lorsque les équipages des navires L'Indécise et L'Éphémère accostèrent sur les rivages des îles Tohu-Bohus au 18e siècle, ils entreprirent d'en dresser la topographie et d'en répertorier les éléments de la faune et de la flore. Les carnets de croquis et de notes passèrent ensuite de mains en mains jusqu'à se retrouver au fin fond des archives du Museum d'Histoire naturelle de Paris. C'est là-bas que Philippe Mignon a mis son nez et décidé d'exhumer sous la forme d'un album toutes les découvertes incroyables que les naturalistes et archéologues de l'époque avaient répertoriées.

 

Histoire fantasmée, certes, mais néanmoins enchanteresse. On se plaît à rêver qu'il existe peut-être réellement quelque part des archives auxquelles personne n'a prêté attention et qui n'attendent que le moment où elles pourront revoir le jour sous nos yeux ébahis. Le texte d'introduction semble si sincère que pendant une seconde j'ai cru que les îles Tohu-Bohus avaient bel et bien été englouties, entraînant dans leur fin L'Indécise et L'Éphémère dont nulle trace des épaves n'a été trouvée à ce jour.

 

Après l'introduction, plongée immédiate dans une galerie très rigolote. Du lama à tête de coq à l'écureuil-champignon en passant par le singe à bec d'oiseau, il y en a pour tous les goûts et pour toutes les cactégories d'animaux. La nature a ici allègrement mélangé mammifères, oiseaux, poissons, crustacés, molusques, insectes et mêmes éléments végétaux, pour donner vie à des créatures hybrides hautes en couleurs.

Philippe Mignon a le trait sûr du naturaliste soucieux de témoigner de la réalité d'une espèce, la poésie en plus, forcément.

 

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C'est un album extra car les enfants, même très jeunes, jouent à retrouver les différents animaux "contenus" dans chaque créature, et les grands peuvent y voir un objet d'une grande beauté, et s'amusent des noms latins et textes du glossaire, que les plus scientifiques d'entre nous de renieraient pas.

 

Intergénérationnel vous dites ?

Published by Zouz - dans Albums
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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 13:09

 

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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 13:01

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Souvenirs rapportés du lointain pays enchanté de Montreuil.

Et vous ? Qu'avez vous ramené dans votre balluchon ?

 

Liens vers les chroniques publiées depuis

Rien

Éléphsame, Rhinolophon, Caméluche...

Histoire du prince Pipo...

26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 22:49

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Tim Willocks

Syros

2012

15 x 22 cm - 350 pages

 

Pour info, j'ai lu ce roman avant qu'il ne se voit décerner la Pépite du roman à Montreuil l'autre jour.

 

     Je l'ai lu parce que j'en avais entendu beaucoup de bien autour de moi et, comme je ne suis pas franchement une amie des animaux et des "romans d'animaux", je me suis dit que ça pouvait être l'occasion de faire la paix avec le genre. J'ai toujours peur que ce soit une histoire comme dans ces films américains où les animaux parlent et vivent des aventures pas franchement transcendantes.

     Je dois malheureusement me rendre à l'évidence, l'histoire de Furgul, le lévrier-chien-loup de Doglands, n'a pas bousculé mes préjugés. Il s'en est fallut de peu je crois, mais trop de fois j'ai eu l'impression de n'être pas à ma place en le lisant. J'entends pas là que je me suis dit trop souvent : "ah oui ce passage-là plaira aux enfants", d'un air de dire que ça ne m'émeut pas plus que ça. Alors bien sûr on va me dire que le lectorat visé est effectivement les enfants (disons les jeunes ados dans le cas de Doglands), mais ça n'excuse rien. Quand j'ai lu Tobie Lolness, jamais je ne me suis sentie gênée, comme un pied dans une chaussure trop petite ! Quand je lis Roald Dahl, je ne me sens pas illégitime non plus ! Bref vous comprenez l'idée.

     Dans Doglands, j'ai eu le sentiment de me heurter à des clichés un peu vite installés : le chien qui veut retourner à la vie sauvage parce que décidément les humains sont trop débiles, avec leurs centres commerciaux où ils s'achètent un tas de trucs étranges dont le chien ne voit pas l'utilité, et qu'est-ce que c'était mieux quand les chiens-loups étaient les maîtres sur terre et qu'ils pouvaient courir où bon leur semblait, la truffe au vent, sur les "sentes des chiens" (des sortes de passages secrèts dans la nature...). Heureusement, certains humains comprennent les chiens, et peuvent même dialoguer avec eux !!! Euh... mouais ? Mais peut-être que mon jugement est affecté du fait que les animaux ne gagnent pas facilement ma sympathie (bien que je sois horrifiée à l'idée qu'on leur fasse du mal).

     Quelques passages extrêmement violents font monter un peu l'âge du lectorat mais du coup je suis encore plus perplexe.

 

     Bon. À me relire, le tableau est assez noir. Mais le livre n'est pas mauvais ! C'est juste que j'aurais voulu y trouver un je-ne-sais-quoi qui fasse la différence à mes yeux. La prochaine fois peut-être...

En attendant, si vous avez dans votre entourage un ado qui aime l'aventure et les animaux, banco ! Ce n'est quand même pas pour rien qu'il a remporté un prix à Montreuil

10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 15:31

Non mais y a pas à dire, lire du Roald Dahl illustré par Quentin Blake, ça devrait être remboursé par la sécu tellement c'est bon.

     Lors de mon séjour à London en août dernier je n'ai évidemment pas résisté à l'envie de me précipiter dans la librairie Waterstone's sur Picadilly (cette librairie en jette un max soit dit en passant). Après avoir fureté dans tous les coins je suis repartie avec The Murders in the Rue Morgue and Other Tales d'Edgar Poe mais attention ! Dans la version designée (prononcez "dizaillenée") par Coralie Bickford-Smith pour Penguin Books. Ils ont recouverturé tous leurs classiques et c'est à se damner, voyez plutôt. J'ai d'ailleurs hésité pendant à peu près 1000 ans avant de choisir Edgar Poe. Le coup des lames de rasoir roses fluo a finalement fait pencher la balance en sa faveur.

 

     Et je suis montée au rayon jeunesse. Et là étoiles dans les yeux à la vue d'un tourniquet rempli de Roald Dahl / Quentin Blake GRANDS FORMATS AVEC ILLUSTRATIONS COULEURS !!! J'ai opté pour Fantastic Mr. Fox et James and the Giant Peach, après encore un autre millier d'années d'hésitation.

 

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     Depuis, quand je suis de mauvais poil, j'ouvre ces livres au hasard et ça va mieux. Comment il fait, Quentin, pour que trois traits gribouillés soient plus émouvants que le plus réaliste des portraits ? COMMENT TROIS TRAITS PEUVENT-ILS EXPRIMER TANT DE SENTIMENTS DIFFÉRENTS ?! Trois traits pour la surprise, trois pour la bienveillance, trois pour la cruauté... C'est à peine croyable.

Peut-être que c'est parce que, comme le disait notre ami Mies van der Rohe, "less is more". À méditer !

 

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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 09:48

... puisqu'il vous passe la bague au doigt !

 

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bagues Ana Caradim apparemment,

mais impossible d'en trouver la moindre trace sur le net si ce n'est cette image...

4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 16:52

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Merveille Merveille Merveille

 

     Les éditions Tishina viennent d'ouvrir et commencent très très fort. "Opus numéro 1" de leur collection est le roman Soie d'Alessandro Baricco. Jusqu'ici rien d'extraordinaire, d'autant plus qu'il s'agit d'une nouvelle édition d'un livre déjà paru et largement connu.

 

Oui mais.

 

19 x 24 cm.

 

Illustré.

 

Par Rebecca Dautremer.

 

90 illustrations pour 208 pages.

 

Avec une jaquette incroyable.

 

     Le lendemain de sa sortie je me suis précipitée en librairie mais là, gros doute : dans quel rayon chercher ce livre hors du commun ? Après quelques errances infructueuses au rayon beaux livres et rayon BD et romans graphiques, c'est finalement au rayon littérature générale que je l'ai trouvé sagement rangé, n'attendant de toute évidence que moi, à "B" comme "Baricco". Un peu frustrée que cette chose sublime ne soit pas mise davantage en avant mais bon, peu m'importait car JE L'AVAIS ENTRE LES MAINS !!! À MOI !

     Bien sûr que des romans illustrés il y en avait avant ça. Mais souvent, textes et images sont à la limite de l'hermétisme parce-que-vous-comprenez-on-ne-peut-quand-même-pas-faire-un-livre-illustré-pour-adultes-qui-soit-trop-simple-parce-que-sinon-l'adulte-va-se-sentir-rabaissé. Ben voyons. Le conceptuel, l'abscond, l'abstrait, le tordu, le graphique, c'est bien, mais ça ne rend pas toujours l'objet plus intelligent. Ici l'illustration fait instantanément rêver. Beaucoup de mystère certes, beaucoup de clefs à déchiffrer, mais avant tout de l'émerveillement ! De l'ÉMERVEILLEMENT que diable !

 

     J'avais déjà adoré le travail de Dautremer sur Alice au Pays des Merveilles parce que cela réconciliait mon côté adulte et mon côté enfant. Ici, avec Soie, c'est encore mieux : le livre est rangé au rayon adulte, ce qui signifie que quelqu'un a compris qu'on pouvait être grand et aimer lire et voir à la fois, lire et regarder.

     Je n'arrive pas à m'expliquer pourquoi il n'existe pas plus de livres comme ceux des éditions Tishina. Quelle idée de génie d'avoir demandé à une illustratrice connue pour des livres jeunesse d'illustrer un livre adulte !!!

     Tishina apporteront-ils la paix dans le coeur de ceux qui aiment et les romans, et les albums jeunesse ? En ce qui me concerne : mission accomplie.

Je dois aussi vous dire un mot de la fabrication : un papier sublime (un Munken : je m'évanouis de bonheur), une typo idéale pour la lecture et l'équilibre de la page, des dimensions parfaites (le nombre d'or aurait-il quelque chose à voir là-dedans ? Bon d'accord je m'enflamme peut-être un peu là...), une couverture cartonnée, un dos bombé...


Je brûle de savoir ce que sera leur prochain "Opus".

Vite vite vite.

 

NB : je n'avais jamais lu Baricco avant ça et un ami m'avait dit "tu vas voir c'est... spécial". Et effectivement, c'est spécial, mais définitivement dans le très bon sens du terme.

 

soie_tishina6.jpgPhotos © éditions Tishina

24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 19:12

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Charles Perrault & Maurizio A. C. Quarello

Milan Jeunesse

2010

27 x 32 cm environ - 46 pages

 

Voici un gentil petit conte pour enfants, qui ravira les petits et les grands !

 

     Seigneur laid et cruel, jeune fille écervelée, égorgements en règle et menaces de mort : charmant ! Je rassure les Martiens qui n’auraient jamais entendu parler de notre Barbe nationale, ça se finit bien.

     Dommage d’ailleurs. Parce que quand même, il a un peu raison Barbe Bleue : ses femmes sont de sacrées arrivistes, elles l’épousent pour son argent, et sont en plus incapables de lui obéir alors qu’il les met explicitement en garde. Non mais on est où là ?! Je suis sûr que tout ce qu’il voulait, c’était d’être aimé pour ce qu’il était (et soit dit en passant, perso, la barbe bleue je trouve ça classe) et pas seulement pour sa fortune, et d’avoir une femme suffisamment fute-fute pour pas aller fourrer son nez dans ce qui ne la regarde pas.

     En fait c’est ça ! Il procède à un test d’intelligence ! Toutes les femmes égorgées cachées dans son placard ont fait la même erreur que la dernière (bon par contre du coup il a quand même dû trucider la première gratuitement… Ou alors elle a échoué à un autre test) !

 

Bref.

 

      Barbe Bleue atrio Barbe bleue 25-small

 

     Tout le monde connaît Barbe Bleue, mais je suis ici pour vous parler d’une vision du conte qui vous est peut-être inconnue. Maurizio Quarello, illustrateur de mon cœur depuis les Histoires naturelles, s’est mis en tête de transposer le texte de Perrault (il s’agit ici du vrai texte, et non d’une adaptation) dans les années 1920. Vous croyez que l’histoire perd en effroi, point du tout ! Les couloirs de la belle demeure sont bien aussi glaçants que ceux du château période Gustave Doré.

     Quarello construit ses images comme on compose des plans de cinéma, et leur donne des angles de vue inattendus et déroutants. Plongées, contre-plongées, décadrages vers le haut, personnages vus de dos ou de trois-quarts dos… Tout semble ajusté pour créer une atmosphère où plane le malaise, le truc-qui-cloche. L’utilisation des couleurs est hyper forte : des couleurs en demi-tons habitent la plupart des images (bruns, kakis, beiges, gris…) et le rouge s’insinue petit à petit, sournoisement, jusqu’à occuper le fond tout entier et devenir le décor de la mise à mort de ce taureau enragé qu’est Barbe Bleue. C’est « amusant » de voir que l’un des personnages les plus cruels et sanguinaires de la littérature a une barbe bleue. Bleue, la barbe… pas rouge justement. Ç’aurait été trop simple, et les trucs simples c’est pas très intéressant

 

Je suis amoureuse de ce livre, à la fois terrible (difficile de ne pas l'être avec un tel sujet) et sublime. Ce qui n'est finalement pas si contradictoire si on en croit cette définition (j'ai pas honte de citer wikipédia) : "le sublime déclenche un étonnement, inspiré par la crainte ou le respect".

À méditer.

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